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Référence : S2014-22

Grotte

Auteur(s) : Amélie Lucas-Gary - LC Christophe Lucquin éditeur - 2014

Je suis le gardien d'une grotte, je vis juste au-dessus. Dessous, c'est creux, étroit, frais, humide et silencieux. Je me répète souvent ces mots ; ils résonnent et réconfortent ma solitude. - 171 pages; 19 cm. -
Le gardien d’une grotte raconte sa vie extravagante, reclus sur une colline où tout afflue, converge, recommence. L’audacieux misanthrope s’affranchit du siècle : les lois de la famille, de l’Histoire, de la vraisemblance comme de la ressemblance sont peu à peu abolies. Dans Grotte, l’ombre d’un idéalisme excitant et salvateur se profile.

La liberté conquise par le narrateur fait écho à celle de l’auteur : Amélie Lucas-Gary se permet beaucoup et livre un roman excessif et singulier.. -

ls en parlent

Revue Littéraire des Éditions Léo Scheer, Jean-François Lattarico, n°55-Automne 2014
« Pour son premier roman, Amélie Lucas-Gary réactive avec bonheur cette thématique des origines en faisant d’une grotte préhistorique le lieu où la grande comme la petite histoire, le présent et le passé, les réflexions sur la famille et sur la construction du récit convergent autour d’un gardien misanthrope qui a décidé de vivre reclus et éloigné du monde qui l’entoure. Composé de très brefs chapitres, des sections plutôt, à la fois autonomes et subtilement reliées entre elles, Grotte est d’abord un récit qui captive par la rigueur formelle de sa construction, l’apparente sécheresse de son style, une économie de moyen au service d’une intrigue qui joue paradoxalement sur toute la gamme des registres.(…)
Un style qui ne s’embarrasse d’aucune fioritures, précisément pour mieux rendre perceptible la violence et l’extravagance de certaines situations authentiquement romanesques. On perçoit en filigrane une réflexion sur les limites, ou plutôt l’absence de limites que se doit de revendiquer tout projet d’écriture fictionnelle.(…) »

Les Inrocks Blogs, Renaud Monfourny
« Autre bonne nouvelle de la rentrée littéraire : Grotte (Éditions Christophe Lucquin) par une nouvelle venue qui nous enchante et nous fait rire avec une premier livre dont le pitch est l’histoire d’un gardien de grotte. Elle y mêle dans une écriture impeccable humour, questions de société actuelles, visions d’illuminés qui circulent sur le net, personnages de fiction et publics, etc… Un livre en chapitres qui s’imbriquent pour former la narration et qui au delà du grand plaisir de la lecture et de l’histoire peut aussi proposer une réflexion profonde sur l’état de notre société. »

Charybde 2 : le Blog, Hugues Robert
« Un surprenant et fort réjouissant conte grinçant, maniant allègrement des registres narratifs bien différents, déconcertant la lectrice ou le lecteur comme à plaisir, jamais gratuitement, pour un final en forme d’éternel retour sans compromis.» lire la suite

Gibert
« Un premier roman original, débordant de surprises et de rebondissements dans lequel Amélie Lucas-Gary ne ménage pas son lecteur. La construction atypique, le narrateur fou à lier ; un récit ubuesque et déjanté… »

Journal SUD OUEST, 26 août 2014
« Grotte n’est pas une histoire, elle en recèle plusieurs. Si Amélie Lucas-Gary parle d’un roman, on y lit de la poésie, de la fantaisie, du surnaturel, un cocktail de divers genres qui en fait un ouvrage singulier, à l’écriture très soignée. »

Paris-ci la Culture n°22, Stéphanie Joly
« Pour décrire le roman de Amélie Lucas-Gary, un premier opus assez remarquable pour qu’il soit confortablement installé dans nos pages, nous aurions pu nous contenter d’évoquer la richesse de sa plume, sa délicatesse, son humour, vanter le sujet qu’est ce gardien de grotte. »
« La Grotte dont il est question devait être un lieu de solitude absolue, et le monde s’y réfugie pour de multiples raisons, comme dans tous les lieux reclus et exceptionnels ramenant à des temps plus anciens. On pense y retrouver l’essentiel, on y côtoie tout ce qui nous désespère, nous effraie, nous accule. Le livre contient en arrière-plan une véritable réflexion sur le besoin de découvrir, de posséder, de conserver, quitte à jouer le jeu de la duplicité. C’est splendide et inattendu, une belle découverte pour cette dernière rentrée. »

La Galerie Incertaine, Bourges
« L’auteur joue avec une incroyable intelligence de la réalité, voire de l’actualité pour aussitôt y mêler une dose délicieusement fluctuante de fantastique, parfois jusqu’à l’onirisme — avant de nous replonger brutalement dans le monde d’où l’on vient. Et en se jouant de nous avec un tel brio, elle nous amuse comme des enfants chatouillés, le tout sans jamais se départir de sa fausse sérénité. L’écriture est tout aussi maligne, faussement simple et sobre, elle a sa petite musique qui se marre comme un grelot à nos oreilles.
Brillant. »

Anne Mathurin, librairie Le Terrier, Paris
« Était-il bien sage de confier à cet homme-là un tel trésor ? Un roman loufoque, original, surprenant. »

Shangols
« Les auteurs qui ont le mot Gary dans leur patronyme semblent être doués d’un talent particulier, c’est ma première constatation. En tout cas, cette Amélie-là, pour son premier roman, nous sort un de ces trucs improbables qui font de temps en temps ma joie. Grotte ne doit rien à personne, c’est rare pour un premier texte. »
[lire la suite]

Gwendoline Touchard, librairie Les mots et les choses, Boulogne-Billancourt
« Un texte audacieux, féroce, impertinent et d’une profonde intelligence. Affaire à suivre à la rentrée mais ce serait bien bête de passer à côté. »

Marc-Émile Baronheid, BSC NEWS Magazine, septembre 2014
« Un éloge de la solitude, un projet ironique et impétueux, du genre à effaroucher les timorés directeurs de collection des officines détentrices autoproclamées du bon goût littéraire. »

David Goulois, Cultura, Chambray-lès-Tours
« Un ovni littéraire drôle, loufoque, absurde… Le narrateur est le gardien d’une grotte. Des événements inattendus s’y déroulent. Un roman (le premier de l’auteur) parfaitement maîtrisé jusqu’à la fin. »
Extrait 1

« Je suis le gardien d’une grotte, je vis juste au-dessus. Dessous, c’est creux, étroit, frais, humide et silencieux. Je me répète souvent ces mots ; ils résonnent et réconfortent ma solitude. »
Extrait 2

« Peu à peu, ma vie se confondant avec ma fonction, je ne vis plus personne en dehors de ceux que mon travail m’obligeait à fréquenter. On aurait pourtant pu croire que ce boulot faciliterait les rencontres (l’aura qu’il procure, le mystère qui l’entoure, la gloire qui l’accompagne), mais ce ne fut le cas que de façon très ponctuelle.

Je commençai à travailler très jeune à la grotte. Mon sens aigu du devoir m’empêchait alors de penser à l’amour ou à la fraternité. Je vivais bien sans cela. De toute façon, n’ayant jamais été très liant, je ne connaissais personne. Lorsque que le besoin physique me saisissait, j’utilisais simplement internet. Au début, d’anciens camarades de classe me contactaient ; même ceux qui n’habitaient pas la région me proposaient de passer prendre un verre, pour discuter. Des quatre coins du pays, ils venaient pour visiter la grotte et, systématiquement, je m’y opposais. La nouvelle de ces refus répétés finit par s’ébruiter ; dès lors, plus personne ne vint me voir.

À certains égards, j’en fus soulagé, sans pour autant être tout à fait libéré du besoin de fréquenter les hommes et les femmes. Je ne renonçai pas encore au monde. J’insistai, laissant des petites annonces anonymes, sans même mentionner où je vivais. Beaucoup de filles m’écrivirent. Apparemment les photographies plutôt flatteuses que j’avais choisies leur donnaient des idées ; jamais on ne m’avait tant courtisé. Nous discutions des heures au téléphone et je faisais durer ces préliminaires courtois, pour en profiter avant de révéler qui j’étais, car, immanquablement, quand j’expliquais ce que je faisais dans la vie, elles se crispaient et me laissaient sans nouvelles.

Ma réputation dans la région s’était en effet détériorée et ces femmes avaient toutes déjà entendu parler du gardien de la grotte — on m’appelait d’ailleurs le gardien de sa grotte, en référence à l’expression des cités sa mère. Je passais pour un fou perché sur sa colline, marginal sans panache, solitaire superficiel, rêveur terre à terre. Je pensais ne jamais m’en sortir. Ce travail à la grotte exagérait mes faiblesses en accentuant mes défauts. Sur la mauvaise pente de la colline et fâcheusement orienté, je craignais d’être à l’ombre pour l’éternité. Je me réfugiai alors toujours plus dans le travail, devenant un gardien exemplaire, mais le soir, dans la maison vide, il n’y avait rien à faire. Du vague à l’âme, je faisais les cent pas. ». Genre : livre ancien

Prix : 15.00 €

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Grotte    

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