Référence : PO2007-01
Tragédies polaires
Auteur(s) : Pierre Vernay, Frédéric Vernay, Photographies Pierre et Frédéric Vernay - Arthaud - 2007
Histoire des dix explorations de l'Arctique les plus marquantes réalisées au XIXe siècle et au début du XXe siècle par J. Ross, J. Franklin, R. Mc Clure, E. Kane, C. F. Hall, A. Greely, F. Nansen, S. Andree, F. Cook, E. Mikkelsen. Raconte leur quotidien difficile : les navigations périlleuses, la nuit polaire, les tempêtes, les grands froids, la faim et la soif. - 240 pages: photos; 17 x 23 cm. -
Résumé:
Introduction
La conquête des espaces inviolés du Grand Nord
Au début du XIXe siècle, de nombreux blancs figurent encore sur la
mappemonde et les plus importantes terra incognita sont celles qui recouvrent les pôles. L’exploration des régions arctiques dure près d’un siècle et se concentre autour de deux projets : la découverte du passage du Nord-Ouest, la conquête du pôle Nord géographique et l’exploration des côtes nord groenlandaises, car on ne sait jusqu’à quelle latitude nord elles s’étirent. Ces longues années de navigation périlleuse et l’hivernage dans la nuit polaire, ces centaines de bateaux à voile et bientôt à vapeur qui partent à la découverte de ce Nord mythique, ces fantastiques exploits sont l’âge d’or de l’exploration arctique. Les Anglais sont les premiers à s’y aventurer, puis les Américains, les Scandinaves.
Pourquoi cette fièvre ? Depuis le XVIe siècle on sait, par des récits
d’aventuriers, qu’il n’y a pas d’or. On ne prévoit pas non plus un quelconque commerce, nulle « route » possible à ouvrir, car rejoindre l’Asie à partir de l’Europe en faisant l’économie du redoutable cap Horn n’est qu’un rêve de cartographe. La mer du passage du Nord-Ouest est soumise à des températures qui font geler le mercure ! Un intérêt scientifique ? Celui-ci reste limité et n’est jamais le moteur principal des expéditions, même si des observations scientifiques y sont menées.
Pour quelle raison alors ? Après 1815 et la défaite de Napoléon, l’Europe
retrouve la paix, mais l’Amirauté britannique ne sait que faire de ses dix-neuf mille marins, et surtout de ses six mille officiers désormais sans affectation. On les envoie donc cartographier ces territoires lointains. Aux préoccupations géographiques s’en ajoute une, plus romantique, qui correspond aux aspirations de l’époque, et l’on cultive avec ferveur l’image du « bel officier de l’Arctique. » Les hommes qui dirigent ces expéditions, et tous ceux qui embarquent avec eux, ont soif de renommée, chaque pays impliqué dans la conquête arctique n’est pas avare de fêter ses héros. Tout départ avive un sentiment de fierté nationale, et à son retour l’explorateur reçoit de l’État une reconnaissance en monnaie sonnante et trébuchante, selon bien sûr qu’il aura fait des découvertes dont la nation pourra s’enorgueillir.
Qui sont ces capitaines d’origine et de fortune diverses, militaires de carrière ou civils passionnés s’illustrant dans cette grande quête du Nord ? Parmi eux, John Ross, issu d’un milieu modeste, homme d’un courage exemplaire – il fut blessé treize fois au cours des guerres napoléoniennes – Elisha Kent Kane et James Cook, deux médecins appartenant à la bonne bourgeoisie, Fridtjof Nansen, docteur en zoologie, mais surtout visionnaire qui saisit avant tout le monde le
sens des courants polaires…
Certains sont aventureux, ont déjà navigué et savent parfaitement à quoi ils s’exposent ; d’autres ignorent tout de la glace et de la navigation. Tous ont pourtant en commun un courage à toute épreuve qu’une religiosité sans faille anime souvent, au point qu’ils se croient investis d’une mission divine. Que la chance soit ou non avec eux, ils accomplissent des exploits extraordinaires, et aucun ne tente de faillir à son devoir, même si les moyens employés pour réaliser leurs ambitions restent parfois sujets à caution. Surtout, ils sont confrontés à des conditions de vie terribles car les territoires qu’ils traversent sont parmi les plus hostiles de la planète.
Une constante demeure : l’absence de communication avec le monde extérieur, et si l’on pensait appareiller pour deux ans tout au plus, bien souvent l’on pouvait revenir cinq ans plus tard, voire ne jamais rentrer. Des centaines d’expéditions qui partent pour l’Arctique, une dizaine au moins sont prodigieuses, voire terrifiantes. Celles de Ross, Franklin et Mc Clure illustrent une conception toute britannique ; il faut souffrir pour réussir et l’exploit n’en est que plus méritoire : traction humaine des traîneaux, vêtements en laine et flanelle, tentes en toile continuent d’être utilisés malgré leurs limites manifestes.
Les expéditions américaines de Kane et Hall sont de magnifiques épopées humaines qui comblent de fierté leur pays, alors que celle de Greely tourne au désastre. Les Scandinaves, eux, préconisent des effectifs réduits, recommandent l’abattage des chiens de traîneau à mesure de la progression des convois, au nom de l’efficacité. Le Suédois Andree, lui, veut conquérir le pôle Nord en ballon…
N’oublions pas l’exceptionnelle épopée de Frederick Cook et de ses deux compagnons esquimaux dont on avait du mal – éducation judéo-chrétienne oblige – à louer le mode de vie. Les explorateurs s’en inspirèrent rarement, alors que depuis des millénaires les Esquimaux s’étaient bien adaptés à cet environnement extrême : emploi de chiens de traîneau, confection d’habits en fourrure, construction d’igloos, consommation de toutes sortes de viandes, techniques de chasse sophistiquées avec pointes de harpons détachables, utilisation du kayak.
Enfin, les conditions de vie effroyables – tempêtes, froid, faim, soif… – sont le quotidien de l’Arctique et agissent comme un puissant révélateur de la nature humaine. Quand aux frontières du monde gelé la mort semble au bout du voyage, les hommes deviennent grands ou petits, héroïques ou lâches, humbles ou arrogants.
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Genre : livre neuf
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